Tout savoir

Vous qui êtes curieux des origines de l’eau du robinet, de sa qualité, de sa production, de son contrôle, de son prix… cette rubrique est faite pour vous ! Après cette riche lecture, vous serez incollable sur l’eau potable en Morbihan. Vous pourrez à votre tour renseigner votre entourage et surtout contrer les idées reçues sur l’eau du robinet ! Pour commencer, quelques infos : 85% de l’eau prélevée pour l’alimentation en eau potable de notre département provient des rivières, des retenues et des lacs ; le reste provient des eaux souterraines.

Ci-dessous, trouvez toutes les réponses aux questions les plus fréquemment posées :

- Une eau sous haute surveillance
- Le prix de l’eau
- Autres questions
- Le cycle de l’eau

Une eau sous haute surveillance :

Comment garantit-on la qualité de l’eau du robinet ?

L’eau en France est l’un des produits alimentaires les plus surveillés et un de ceux dont la qualité est la plus rigoureusement réglementée et contrôlée.

De nombreuses analyses sont effectuées, pour certaines en permanence : au niveau des eaux brutes pour vérifier l’état de la ressource, puis lors du traitement ainsi que sur le réseau de distribution. L’eau fait l’objet d’une double surveillance : contrôle officiel par la DDASS et surveillance permanente des exploitants (l’autocontrôle). Les laboratoires d’analyses sont tous agréés.

Dans le Morbihan, une eau non conforme n’est jamais distribuée : le système de secours par les interconnexions permet de basculer sur une autre ressource ou une autre usine en cas de problème de pollution accidentelle.

La qualité de l’eau du robinet est définie par le ministère de la Santé à partir de normes européennes très sévères. Elles reposent sur des valeurs guides recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé : il s’agit de « concentrations d’un composant dans l’eau qui ne présente pas de risque pour la santé d’une personne qui consommerait l’eau pendant toute sa vie ».

Ces efforts dans les interconnexions et l’amélioration des filières de traitement des eaux sont combinés à des actions pour améliorer la qualité de la ressource en eau brute : actions menées depuis 10 ans avec les structures oeuvrant pour le miantien et la reconquête de la qualité de l’eau et les agriculteurs, mais également avec les collectivités via l’assainissement et les plans de désherbage communaux, et enfin les particuliers.

L'eau en bouteille est plus « saine » que l'eau du robinet ?
NON

Il s'agira ici plutôt d'une affaire de goût que de qualité.

Certaines eaux en bouteilles sont connues pour être très minéralisées. Ce qui constitue souvent leur label et leur intérêt médicamenteux dans le cas de certains régimes. Par contre, le fait de boire constamment de l'eau fortement minéralisée peut être préjudiciable à la santé. D'où l'importance de veiller à varier ses eaux.

Les eaux minérales sont par définition très minéralisées et ne répondent pas aux normes de potabilité

Les eaux de source sont soumises aux mêmes contraintes et normes de potabilité que l’eau du robinet.

 Il arrive qu’une même nappe serve à la fois à l’alimentation en eau potable et à l’embouteillage. Ces eaux ne doivent pas subir de traitement de potabilisation ni de désinfection.

Qui est responsable de la qualité de l’eau distribuée ?

La commune est responsable de la distribution de l’eau et de l’assainissement des eaux usées. Elle peut opter pour différents modes de gestion : directe en régie ou en gestion déléguée (affermage, gérance ….).

La DDASS (ministère santé) est responsable du contrôle officiel.
L’exploitant est responsable de l’auto surveillance.
Où s’informer sur la qualité de son eau ?

Tout consommateur qui désire connaître les résultats des analyses de la DDASS sur la qualité de l’eau potable de sa commune peut les demander à sa mairie ou auprès de son distributeur d'eau.

- De plus, une information régulière à destination des consommateurs est prévue par la réglementation : La loi du 03/01/1992 prévoit que les résultats des contrôles sanitaires doivent être transmis aux mairies "en termes compréhensibles par tous" et affichés.

- La loi Barnier du 02/02/1995 introduit l’obligation pour les maires et les gestionnaires du service de l’eau d’établir un rapport détaillé sur la qualité. Ce rapport est mis à disposition dans les communes de plus 3 500 habitants.

- L’arrêté ministériel du 10/07/1996 prévoit qu’une note de synthèse sur la qualité de l’eau, préparée par les DDASS de chaque département, soit jointe une fois par an aux factures d’eau



Peut-on produire de l’eau potable à partir de n’importe quelle eau brute ?

NON. On ne peut pas utiliser n’importe quelle eau. Les eaux brutes utilisées pour la production d’eau destinée à la consommation humaine doivent répondre à des limites de qualité fixées par arrêté ministériel.

Exceptionnellement, le préfet peut autoriser l’utilisation d’une eau brute non conforme aux limites de qualité à condition que le traitement soit approprié pour délivrer une eau potable à la sortie.

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Les eaux brutes utilisées sont de nature et de qualités différentes car fonction de la nature du sol et des activités locales. Les filières de traitement doivent s’adapter à la qualité de l’eau brute et rendre dans tous les cas une eau conforme aux normes.



Une eau non potable peut-elle être distribuée ?

NON. L'article L.1321 du code santé publique précise que « toute personne qui offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine …est tenue de s’assurer que cette eau est propre à la consommation ».


La qualité de l’eau est-elle la même partout ? 

Non. Tout en étant potable l’eau du robinet présente des caractéristiques différentes selon les ressources d’origine et selon les mélanges susceptibles d’être opérés avant distribution. Elle n’a donc pas le même goût.


Quel est l’impact des pesticides dans l’eau sur la santé ?

Les normes françaises et européennes concernant les pesticides sont encore plus strictes que celles de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces normes très strictes sont respectées dans le Morbihan.

Les doses sont infimes par rapport aux autres sources d’exposition à la substance : 90% des pesticides absorbés proviennent des traces de traitement que certains aliments ont subi. C’est pourquoi il est recommandé de laver et éplucher les fruits et légumes avant de les consommer.

Pour éliminer les pesticides, on utilise du charbon actif.



Quel est l’impact des nitrates dans l’eau sur la santé ?

Seulement 20% des nitrates proviennent de l’eau contre 80% provenant de l’alimentation Ex : betteraves (2760 mg / kg), radis (2700 mg / kg), épinards (1500 mg / kg), jambon (350 mg / kg), carottes (120 mg / kg).

Le taux de nitrates dans l’eau est variable selon la saison et l’origine des approvisionnements, mais toujours inférieur à la norme de 50 mg/l.

La réglementation a fixé une norme de 50 mg/l pour protéger la population la plus vulnérable (femmes enceintes et enfants). Par précaution, certains pédiatres recommandent d’utiliser une eau à moins de 15 mg/l pour les nourrissons de moins de 6 mois.

On peut faire baisser ce taux de nitrates en :

•diminuant les concentrations dans les ressources, par des politiques de prévention (agriculture, rejets industriels ou domestiques).

•opérant des mélanges d’eau de différentes ressources, certains ayant des taux de nitrates faibles.

•en dernière solution, en mettant en œuvre un traitement spécial des nitrates (problèmes de coût)


Pour les autres impacts de polluants sur la santé vous pouvez consulter le site de l’AFSSA http://www.afssa.fr/



Quel est l’impact du plomb sur la santé (lien avec saturnisme) ?

Le risque d’être intoxiqué par le plomb en buvant de l’eau du robinet est très faible : ce métaux ne se retrouve pas à la sortie des usines de potabilisation. Sa présence éventuelle peut provenir de la corrosion des canalisations de vieilles habitations. La pollution atmosphérique, les cigarettes … contiennent beaucoup plus de plomb que l’eau.

Recommandations pour éliminer les éventuelles particules de plomb :

-rincer vos tuyaux le matin ou après une absence prolongée. Cela évitera d'ingérer tout dépôt pouvant se former lors de la stagnation de l'eau
-éviter d’adoucir l’eau lorsque les canalisations de la maison sont en plomb : les eaux douces sont plus agressives !
Norme actuelle (depuis 2003) = 25 microgrammes par litre
Normes 2013 = 10 microgrammes par litre.  Le remplacement des canalisations en plomb n’est pas obligatoire mais sera nécessaire si l’on veut atteindre la norme de 2013 – la canalisation intérieure est à la charge du particulier. 
Les eaux des rivières sont traitées avant de les rendre potable : quels sont les produits chimiques utilisés ?

Le mot « traitement » ne doit pas être systématiquement associé à « produits chimiques » : ce sont très souvent des procédés physiques qui sont utilisés (filtration, décantation …) ou physico-chimiques (coagulation).

Les seuls traitements chimiques sont le chlore ou l’ozone pour la désinfection et un coagulant (sel de fer ou d’aluminium).

Le calcaire dans l’eau est-il dangereux pour la santé ?

L'eau dure ou dite " calcaire " comprend une plus forte concentration en calcium et en magnésium. Elle ne nuit en rien à la santé. Au contraire, elle participe à l’apport quotidien en calcium nécessaire à l’organisme et au squelette. Il n’y a pas de limite supérieure de concentration en calcium dans l’eau dur robinet. Selon la région, l’eau du robinet peut représenter 15 à 20% de la qualité journalière recommandée en calcium. La plupart des eaux distribuées dans le Morbihan sont douces et donc peu chargées en calcium et en calcaire.

 

Pourquoi rajoute-t-on du chlore dans l’eau captée avant de l’envoyer jusqu’aux robinets des maisons ? Pourquoi l’eau a-t-elle parfois le goût de chlore ?

 

Le chlore est un désinfectant qui garantit le maintien de la qualité de l’eau distribuée et prévient la formation et le développement de germes pathogènes lors de son transport dans les canalisations. Ainsi, même pour des eaux issues de sources exemptes de polluants, la sécurité oblige à la chlorer avant de l’envoyer dans les réseaux. La quantité de chlore ajoutée est très faible, de l’ordre de 0,3 mg/l qui correspond à une goutte d’eau dans 1 m3 d’eau.

L’eau a parfois un aspect laiteux temporaire. Qu’est-ce que c’est ?

L’aspect laiteux que présente l’eau au robinet ne provient pas de l’excès de produits chimiques comme la chaux éteinte, le chlore ou le sulfate d’alumine utilisés pour traiter l’eau …. Il est dû à la présence de fines bulles d’air dans l’eau qui dégage en remontant à la surface au prélèvement après quelques secondes, et l’eau redevient parfaitement claire. Faites le test dans un verre transparent ! D’où proviennent ces bulles d’air ? Lors d’une baisse de pression ou d’une élévation de température, la solubilité de l’air dans l’eau diminue, alors de très fines bulles d’air peuvent se former dans l’eau. Le jeu de la lumière lui donne alors cet aspect laiteux caractéristique. Ce phénomène n’a aucune influence sur la qualité de l’eau.

Qu'est-ce qui peut donner à l'eau de mon robinet une couleur de rouille?

La couleur rouille couleur rougeâtre ou brunâtre est liée à la remise en suspension des dépôts collés aux parois des canalisations lorsque la conduite d’eau subit un changement de régime hydraulique (débit subit de grande vitesse) . Ce cas peut survenir à l’occasion de défense incendie (forts prélèvements d’eau), de début de saison touristique, de nettoyages par chasse d'eau des bornes fontaines et de réparations des conduites principales. Vous pouvez demander au service d’eau de la ville si des travaux sont en cours.

Les réseaux sont parfaitement étanches, il n’y a aucun passage de terre entre l’extérieur et les conduites.

Si vous remarquez une coloration rougeâtre de l'eau ou si cette dernière est brouillée, faites couler le robinet d'eau FROIDE pendant quelques minutes afin de vidanger les sédiments du système. Cette eau colorée n'est pas nuisible à la santé.

De manière générale, il est recommandé de laisser couler l’eau quelques instants après une absence prolongée dans une habitation.

 

Le prix de l’eau

Comment est fixé le prix de l’eau ?

L’eau du robinet est-elle gratuite ? Combien coûte un m³ d’eau ?

 

En France, chaque municipalité ou groupement intercommunal est responsable de la distribution d’eau sur le territoire de la commune. À ce titre, c’est elle qui décide du niveau d’équipement et qui vote le prix de l’eau.

Le prix de l’eau correspond à l’ensemble des opérations pour produire de l’eau potable, la distribuer, la collecter et la traiter (assainissement collectif) et les taxes et redevances pour la protection des milieux aquatiques. La part assainissement représente souvent plus de la moitié du prix de l’eau !

Pour connaître le prix de l’eau sur votre commune : consulter votre facture d’eau, contacter la mairie ou le service public d’eau.

Pourquoi le prix de l'eau varie-t-il selon les communes ?

Les disparités qui existent d’une collectivité à l’autre sont souvent dues à des différences de conditions naturelles (différences de qualité eau brute …) géographiques (zone littorale, urbaine ou rurale avec dispersion de l’habitat), ou des différences investissements/fonctionnement des équipements eau potable et assainissement selon les exigences de qualité d’eau traitée, de rendement des réseaux et de facteurs financiers (emprunts …)

A Vannes, comme à Lorient, l’habitat est dense (plus d’abonnés au km²) et donc le linéaire de réseau par personne est beaucoup moins important : le coût des infrastructures par habitat est plus faible.

Pour indication :

Lorient – Lanester : 1.43 € le m³ d’eau (hors abonnement)

Vannes : 1.15 € le m³ d’eau (hors abonnement) pour la tranche de consommateurs 0 à 600 m³

Communes adhérentes au SDE : 1.50€ le m³ d’eau (hors abonnement) pour la tranche de consommateurs 30 à 500 m³.

Moyenne sur le Mobihan :(Abonnement + part eau potable + part assainissement collectif), soit 0.004 € le litre. (2 € pour la production d’eau potable et 2€ / m³ pour l’assainissement collectif).

Moyenne en France = 2.85 € (2006).

L'eau du robinet reste environ 100 fois moins chère que l'eau en bouteille !

Faites le calcul ! La dépense en eau embouteillée pour une famille de 3 personnes est équivalente à votre facture annuelle d’eau (environ 480 € par an en moyenne sur le Morbihan) !

 

Il y a t-il une différence de prix entre une eau gérée en Délégation de Service Public par des prestataires privés et celle des régies municipales ?

La DSP est souvent choisie lorsque la gestion de service et le nombre d’interconnexions est complexe et/ou que la collectivité ne dispose pas de moyens propres.

A coûts comparables à contexte d’exploitation unique, le prix de l’eau n’est pas forcément plus cher.

Quelque soit le mode de gestion, les communes restent maître de leur décision des installations (usines, réseaux ….). Il n’y a donc pas de « privatisation » de l’eau mais uniquement des DSP.

 

Quel est le rôle du Syndicat Départemental de l’Eau (SDE) ?

Le Syndicat Départemental de l’Eau, créé en 1974 regroupe 250 des 261 communes du département du Morbihan.

Sa vocation, son originalité

- Solidarité financière, par le biais du prix unique de l’eau, (péréquation des recettes et des dépenses pour toutes les collectivités adhérentes)

- Solidarité technique avec l’interconnexion des réseaux (gestion coordonnée des ressources et amélioration de la sécurité de la distribution).

Depuis le 1er janvier de 2007, le réseau d’interconnexions départementales est géré par le Syndicat Départemental de l’Eau.

Son objectif et l’intérêt de ce fonctionnement : sécuriser l’approvisionnement en eau en privilégiant une gestion patrimoniale de la ressource.

Autres questions

Réutilise t-on les eaux usées pour en faire de l’eau potable ?

JAMAIS ! Il ne faut pas confondre traitement de l’eau eau potable et dépollution des eaux usées qui s’effectuent dans 2 usines différentes !

L’usine de traitement d’eau potable sert à produire l’eau que nous consommons. La station d’épuration, elle, traite les eaux usées, c’est-à-dire les “eaux sales” (issues de la vaisselle, de la lessive, des sanitaires) qui sont rejetées et collectées dans les égouts, et les “nettoie” avant de les évacuer vers le milieu naturel. A la sortie de la station d'épuration l'eau qui est rejetée n'est plus une menace pour la vie aquatique. Ces eaux ne sont en aucun cas réutilisées (ou retraitées en usine) en vue de les rendre à nouveau potables !

 

Quelle est la pression minimale exigible ? J’ai trop de pression, que faire ?

La pression de confort est de 2 à 3 bars. Au de là de 5 bars, il est recommandé un réducteur de pression en aval du compteur.

Trop de pression = augmentation des débits délivrés au robinet et donc surconsommations :

Quelle devrait être la consommation normale d’une famille ?


137 litres par jour par personne en France.

110 litres jour par personne sur le Morbihan

Dont 40% pour bain/douche, 20% sanitaires et 1% boisson.

Les fuites représentent 15 à 20% des quantités consommées en moyenne en France.

 

cycle de l’eau

 Cycle de l'eau

1-Le pompage de l’eau

Dans le Morbihan, 85% de l’eau est pompée des rivières ou des retenues et 15% des nappes d’eau souterraines.

Le pompage de l’eau se fait en fonction de la demande et toujours avec le souci de préserver les réserves naturelles. Les zones de captage sont protégées et surveillées afin de limiter les risques de pollution.

2-Traitement à l’usine de production d’eau potable

L’eau est traitée dans des usines utilisant au maximum des procédés physiques naturels ou des procédés biologiques. Elle est, tour à tour, clarifiée, filtrée et désinfectée pour être potable.

Le traitement des eaux souterraines est plus simple car ces eaux sont moins chargées en matières organiques que les eaux de rivières.

3- Le stockage dans les châteaux d’eau

À la sortie de l’usine de traitement, des pompes refoulent l’eau jusqu’aux lieux de stockage : châteaux d’eau et réservoirs au sol. A la sortie des réservoirs, l’eau est pompée et subit un dernier traitement au chlore. Cela permet de maintenir l’eau potable dans les canalisations.

4-La distribution de l’eau dans les réseaux

L’eau est ensuite acheminée et distribuée grâce à de grosses canalisations jusqu’au robinet du consommateur.

Les principaux réseaux morbihannais sont interconnectés afin de relier les usines de production entre elles. Cela permet d’assurer la continuité du service, que ce soit en période de pointe, ou en cas de crise, comme lors de la pollution ponctuelle.

5-La collecte et l’ épuration à la station d’épuration

Après utilisation, l’eau est acheminée jusqu’aux stations d’épuration. Elles nettoient / dépolluent l’eau sale afin de pouvoir la restituer au milieu naturel. Les boues d’épuration sont ensuite, en partie, traitées et valorisées